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Phénoména :
 
Question désormais traditionnelle, pourquoi avoir choisi SOSOVNI ?
 
Christian Soudet :
 
En 1989, je suis allé aux Rencontres Européennes de Lyon. Je connaissais SOS OVNI (anciennement AESV) depuis 1985 par l’intermédiaire de la revue «Ovni-Présence». Suite à une discussion avec les organisateurs des Rencontres, je me suis rendu compte que leur approche du phénomène était semblable à la mienne. En quelques années nous étions passé du constat de miracle à l’enquête proprement dite. Le débat manichéen qui régnait dans les années quatre-vingt empêchait toute recherche sereine et il était nécessaire de sortir de cette impasse. Je sentais qu’SOSOVNI et un certain nombre de gens gravitant autour de cette association en étaient capables. Le phénomène OVNI (PAN) est quelque chose de très complexe. Il n’y a pas une vérité mais plutôt un ensemble de phénomènes hétéroclites qui concernent différents domaines des sciences. Il fallait donc que je trouve une structure qui puisse à la fois réunir des gens «de terrain», des chercheurs et organismes de différents horizon. Alors, quand l’idée de créer le réseau SOSOVNI est arrivée à mes oreilles, je n’ai pas hésité une seconde.
 
Phénoména :
 
Que t’apporte la structure SOSOVNI ?
 
CS :
 
Pour avoir une vision globale et être informé rapidement, il faut une organisation. Pour cela SOSOVNI est un bon outils d’information. Peu de cas nous échappent, en particulier grâce au Minitel et à la ligne téléphonique d’alerte, mais aussi et surtout, au réseau de correspondants en France et à l’étranger. Depuis que je m’interesse aux ovnis, j’ai toujours souhaité enqu^ter sur un cas avec traces physiques. En même temps, j’étais conscient que si cela arrivait, je n’aurais ni les compétences, ni les moyens financiers pour la réaliser. Or, nous l’avons vu avec certaines affaires récentes comme Nord-sur-Erdre ou en Dordogne, SOSOVNI est une structure qui nous permet d’enquêter sur un cas jusqu’au bout. Ce qui est difficile pour un enquêteur isolé.
 
Phénoména :
 
Quels travaux déja réalisés ?
 
En Seine-Maritime, nous avons crée un catalogue de témoignages ( 70 cas environ ). Il s’agit d’une compilation de témoignages et d’extrait de presse du XVIIIe siècle à nos jours. Nous avons encore énormément de travail au niveau des archives locales. Par ailleurs, plusieurs documents ont été réalisés sur des cas particuliers comme l’observation d’un triangle lumineux dans le nord de la France en 1990 ou, plus récemment, le cas de Bacqueville dans l’Eure.
 
Phénoména :
 
Quel serait le cas le plus étonnant de la région ?
 
Paradoxalement, il s’agit d’un cas survenu dans la prem!ère quinzaine de juillet 1947 entre Rouen et Amfreville-a-Mivoie. Le témoin, qui roulait à bicyclette sur cette voie bordant la Seine, aperçut un objet insolite posé à même le sol. Ce dernier était de forme ovale, gris mat, et d’une apparente largeur de trois mètres. A ses abords, deux êtres habillés de gris, haut d’un mètre, s’affairant à une tâche difficile à déterminer. Parvenu à une centaine de mètres, le témoin descendit de son vélo et utilisant le timbre, signala sa présence. C’est alors que les êtres, apercevant la scène, se précipitèrent vers l’appareil dans lequel ils remontèrent par une petite ouverture de cinquante centimètres environ, avant que l’objet ne s’élève sans bruit à une centaine de mètres. Là, il s’immobilisa quelques instants en semblant osciller, puis il partit à grande vitesse en direction de Sotteville-Les-Rouen.
 
Phénoména :
 
Quels souhaits pour l’avenir ?
 
CS : Depuis bientôt cinquante ans, les ufologues rassemblent des récits, des photographies, des enregistrements radars ect. Ces dernières années années, notre association avec quelques ufologues sérieux a réenquêté des cas réputés inébranlables, en les disséquant avec minutie. Quelques-uns n’ont pas résisté à l’analyse, d’autres au contraire en ressortent renforcés. Un tri important a été fait et ceci a assaini le dossier OVNI. Aujourd’hui, toutes les personnes ayant étudié le dossier admettent qu’un certain nombre de cas résistent à toutes explication. Il semble donc que nous soyons en présence d’un phénomène physique inconnu qui évolue depuis de nombreuses années dans notre atmosphère. Ceci est pour moi une certitude. Tout le reste n’est qu’hypothèse et je n’y accorde pas plus de valeur que ce que cela mérite. Maintenant,s’ il est certain que nous devons continuer à recueillir des témoignages, il est évident que cela ne suffit pas. Il est temps d’envisager une autre approche du phénomène qui consisterait non plus à attendre de nouvelles observations «accidentelles» pour en étudier les traces, mais à observer le phénomène «en direct». A le détecter avec tous les moyens que notre technologies nous offre. Sommes nous prêts pour la prochaine vague d’ovnis en France ? Je n’en suis pas persuadé ! Je pense que l’idée de nos confrère de la Société Belges d’Etudes des Phénomènes Spatiaux (SOBEPS) d’équiper un véhicule de «1ere urgence» est intéressante. Il me parait souhaitable que soit créée, au niveau européen, une structure permettant de détecter et d’analyser ce phénomène en temps réel.
Interview pour la revue Phénoména, N° 25 de Janvier 1995